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Qu’est ce qui guide le trait ? Comment s’avance-t-il dans l’espace du support ? Ces questions ont accompagné la plupart des expérimentaitons, mais ici je m’interroge sur le rôle du regard dans cette activité de tracement. Que ce passe-t-il lorsque la vision du trait en train de se déposer est perturbée ? Une pampille de lustre en verre, avec ses multiples facettes diffracte la lumière. Elle est positionnée entre l’oeil et le bout du crayon en train de dessiner, et le suit de telle sorte que la vision en soit brouillée, démultipliée. Je ne vois pas, ou je vois double. Je ne sais pas avec précision ou se trouve la pointe du crayon, j’en ai une idée vague, donnée par ma main à qui je dois me remettre. Cette expérience diffère d’un dessin les yeux fermé, car je reste consciente du format, de la couleur, de l’épaisseur du trait. Voir mal, voir à peu près : la vision n’est pas annulée, mais seulement gênée, décalée. Le trait s’avance dans une demi incertitude, comme ensommeillé. Il est plus lent, avance par à-coups. Je me rend compte que cette approximation de la direction est en réalité toujours présente dans le dessin. On ne sait jamais vraiment comment le trait va s’avancer et ce qu’il va produire, au delà de l’intention que l’on donne au geste. Mettre en exergue cette incertitude et l’accepter, permet par ailleurs d’être plus affirmatif dans l’exécution du geste : le trait est plus appuyé, plus ferme, moins lisse, plus rythmé. Comme si une accepter une dose d'ignorance permettait paradoxalement plus d'assurance.

format

Support

Outils

 

Temporalité

Itérations

 

A5

papier à dessin 120 gr

série 1 crayon graphite 8B, 2B et portemine HB

série 2 crayons de couleur gras

5 minutes par page

deux séries de 6