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C’est la première expérimentation que j’ai réalisée lorsque j’ai commencé mon exploration du dessin. J’ai commencé par là où l’apprentissage du dessin commence la plupart du temps : le dessin d’observation. J’ai sorti un poivron rouge de mon réfrigérateur, je l’ai posé sur mon bureau en face de moi, et je l’ai dessiné plusieurs dizaines de fois en variant les outils, avec les seules contraintes de ne pas faire intervenir la couleur et de ne pas déplacer le poivron. Exercice classique de dessin, la nature morte permet d’apprendre à transcrire en deux dimension la perception en volume de manière réaliste. Je n’avais pas pratiqué cet exercice depuis longtemps. Je me suis rappelée au cours de ces nombreuses tentatives, à quel point cet objectif fait apparaître un conflit permanent entre le besoin de délimiter le contour de l’objet et d’en transcrire les ombres et lumières. Délimiter la silhouette de l’objet dans son ensemble, là où il se détache du fond peut aisément se faire par le trait. Mais comment indiquer les variations de volumes du poivron à l’intérieur de cette enveloppe ? La peau brillante du légume créé des contrastes forts et la forme est irrégulière, complexe, sans arrêtes. Où s’arrête le creux, où commence la bosse ? Où commence le reflet, où s’arrête l’ombre ? Ces délimitations sont fluctuantes. Elles n’existent pas en réalité, il faut les inventer. On peut les rendre franches, d’un trait plein et affirmé, les enfermer dans une zone aux contours nets, ou bien refuser de trancher, créer des variations progressives. Imposer des arrêtes imaginaires ou patiemment faire émerger les ombres du papier blanc.

A5

papier à dessin 120gr, papier machine 80gr

encre de chine, pinceau, feutre usé, stylo bille, feutre moyen, crayon 2B

une journée

41

 

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